Conférence d'Anna Soncini : « La diversité culturelle dans le programme Erasmus Mundus »
La première conférence de l'année 2011–2012 de la série de conférences Louis-Desrochers s'est déroulée devant une trentaine de personnes, le 29 septembre dernier, au Grand salon du Pavillon Lacerte du Campus Saint-Jean.
Pour l'occasion, Anna Soncini, qui est professeure titulaire de littérature francophone et vice-directrice du Département de langues et littératures étrangères à l'Université de Bologne, en Italie, était l'invitée.
C'est sous le thème « La diversité culturelle dans le programme Erasmus Mundus » que s'est tenue cette conférence. « C'est particulier que j'aie été invitée à venir parler de multiculturalisme au Canada alors que ce pays a été le premier pays à institutionnaliser le multiculturalisme », a lancé d'entrée de jeu, Mme Soncini.
Elle a tenu à faire état d'une « déroute européenne en matière d'ouverture culturelle ».
Ce dossier n'est pas nouveau, il a commencé en 2001 avec une étude sur les « bonnes pratiques européennes », qui a été suivie par de nouvelles analyses en 2003, 2005 et 2007. « Puis, en 2010, on se retrouve avec Nicolas Sarkozy (président de la République française), Angela Merkel (chancelière allemande) et David Cameron (premier ministre du Royaume- Uni) qui disent que le multiculturalisme est en échec. Nous avons donc, en Europe, les trois plus importantes puissances qui disent que le multiculturel connaît des ratés », avance Anna Soncini.
Selon eux, le multiculturalisme est quelque chose d'inexistant en Europe. « On en parle comme si c'était quelque chose de nouveau, mais pourtant ce dossier a été étudié pendant dix ans. Et, si on regarde attentivement la carte géographique, il faut reconnaitre un fait : l'Europe est multiculturelle », soutient Mme Soncini.
L'Europe doit cependant démontrer des signes d'ouverture. Par exemple, en Italie, depuis la fin des années 1800, il existe une loi qui interdit à toute personne de se promener dans les rues le visage voilé. « On sait qu’ailleurs, il y a eu des discussions très fortes à ce sujet. Il faut que l'état démontre une volonté de gérer ces nouveautés afin de donner plus de place à la culture », indique la professeure titulaire.
Pour Anna Soncini, il existe une possibilité de résoudre les problèmes européens à l'égard du multiculturalisme. « En tant que société, il faut récupérer notre force, celle de garder nos identités et nos différences. Pour ce faire, il faut permettre une contamination de masse, élargir dès aujourd'hui nos horizons », conclut-elle.
Programme Erasmus Mundus
La conférencière a profité de son passage à Saint-Jean pour présenter le projet Erasmus Mundus dont elle est la coordonnatrice.
Fruit d'un partenariat entre les universités de Bologne, d'Aristote de Thessalonique (Grèce), de Haute-Alsace (France) et de Strasbourg (France), ce programme de master de deux ans vise une formation dans au moins trois domaines culturels et linguistiques européens s'adressant aux 27 états membres de l'Union européenne ainsi qu'aux pays tiers. « Une grande majorité de nos étudiants proviennent de pays tiers, donc à des non-Européens, puisque les universités participantes sont en mesure d'offrir des bourses à ces étudiants », admet Anna Soncini.
Par ailleurs, celle-ci verrait bien l'Université de l'Alberta devenir partenaire du programme Erasmus Mundus. « L'université ici à Edmonton, ainsi que celles à Dakar et Mumbaï cadrent parfaitement dans la vision du programme et j'ai espoir de pouvoir élargir et enrichir notre programme », lance-t-elle.
